La voie d’enfance

Le Père Marie-Eugène diffusera inlassablement, dans des milieux très divers, la doctrine spirituelle de Thérèse : « Elle est surtout pour nous une maîtresse spirituelle : modestement mais avec sûreté elle nous a enseigné sa « petite voie », nous a appris la confiance, nous a appris l’abandon, après nous avoir révélé quelque chose de ce qu’elle a découvert elle-même en la Trinité Sainte, à savoir ce foyer brûlant d’amour qu’est l’Amour substantiel, qu’est l’Esprit Saint ».

Qu’est-elle, cette « petite voie » ? « Plus on est faible, sans désirs ni vertus, plus on est propre aux opérations de l’amour consumant et transformant », écrit Thérèse. Le Père Marie-Eugène commente ainsi :

« La petitesse, sur tous les plans, est l’aptitude à recevoir Dieu… Le spirituel s’incarne dans le petit. Dieu accorde ses faveurs aux simples et aux petits… Si nous voulons attirer la grâce, développons l’humilité ».
Dès lors apparaît la relation profonde entre la sainteté et la pauvreté totalement acceptée : « Quand l’âme est complètement pauvre, explique le Père Marie-Eugène, elle va vers Dieu, et Dieu se précipite vers elle », chargé de la richesse de ses dons. « La sainteté consiste en un état de pauvreté telle qu’à tout instant on soit obligé de tout demander à l’Esprit Saint ». C’est l’attitude de l’enfant qui s’abandonne, confiant, dans les bras de ses parents. La petite voie de Thérèse, appelée aussi enfance spirituelle, « n’est pas une voie réservée aux parfaits, précise le Père. La voie d’enfance s’ouvre devant toutes les âmes ».