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Entre Dieu et nous, il y aura toujours cette distance de l’infini. Qu’est-ce qui va me permettre de franchir cette distance, d’entrer en relation avec Dieu ? Le père Marie-Eugène, à la suite de Saint Jean de la Croix, ne cesse de redire que seule la foi peut établir ce contact avec Dieu. Elle est cette capacité, greffée par Dieu sur notre intelligence, qui vient la perfectionner et nous rend capables de le connaître vraiment. Pour prier, il est nécessaire de croire en notre foi.
La plus haute connaissance que nous puissions avoir de Dieu c’est de comprendre qu’Il est au-dessus de tout savoir et de toute intelligence. La lumière du soleil éclipse toutes les autres lumières ; son éclat éblouit parce qu’il est excessif. Ainsi en est-il de la foi.
Cet enthousiasme, ce tressaillement que nous sentons dans le Christ, nous le produisons en Dieu lui-même chaque fois que nous le touchons avec foi, avec une foi ardente.
La foi prend un contact véritable avec Dieu. Lorsqu’elle est fixée en lui, nous recevons la vie de Dieu, c’est un débordement de Dieu qui arrive en tout notre être.
La foi nous donne des certitudes absolues ; elle est certaine, mais elle est obscure. On dira : « C’est obscur, je n’y crois pas ». On peut le dire mais ce n’est pas logique. C’est comme si on disait : « Je ne vois pas où je suis, c’est que je n’y suis pas ». Quand vous êtes la nuit dans votre chambre, vous ne la voyez pas et cependant vous y êtes. Etre quelque part et ne pas le voir, c’est deux choses.
L’obscurité ne crée pas la distance.
Puisque la foi atteint Dieu et que Dieu, semblable à un feu consumant est toujours en activité pour se donner, chaque acte de foi met en contact avec ce foyer.
Quelles que soient donc les circonstances qui accompagnent cet acte de foi – sécheresse ou enthousiasme, joie ou souffrance – il atteint la Réalité divine ; et même si je n’expérimente rien de ce contact en mes facultés, je sais qu’il a existé et qu’il a été efficace. J’ai puisé en Dieu à la mesure de ma foi, dans une mesure plus abondante même peut-être si la miséricorde divine est intervenue pour combler mes déficiences et se donner en considérant non mes mérites, mais seulement ma misère.
Pour aller plus loin :
Dossier En marche vers Dieu avec le père Marie-Eugène, fiche : « Une foi éblouie »
Je veux voir Dieu, p. 61-62 ; 460-466 ; 468-481
Au souffle de l’Esprit, p. 41-68 ; 93-118
Présence de lumière, p. 167-191
Prier 15 jours avec le père Marie-Eugène de l’E.-J. p. 46-51