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Marie Pila, co-fondatrice

"Dans l’histoire de l’Eglise, les grandes œuvres de Dieu ont toujours été faites par hommes et femmes réunis", constatait un jour le fondateur.
Le Carmel réformé en est l’illustration. II convient ici d’évoquer la personnalité de Marie PILA qui sera désormais intimement associée à la croissance de l’Institut. Lors de l’érection de la fraternité, Marie Pila est élue Responsable. Elle le demeurera jusqu’à sa mort, le 12 octobre 1974.

  • Née le 27 octobre 1896 à Orange, elle fait ses études au pensionnat Saint-Charles à Marseille, puis au collège Sainte-Marie à Neuilly chez Madame Daniélou (mère du Cardinal) et prépare sa licence de philosophie qu’elle présente à Paris.
  • En 1919, avec deux amies qui demeureront ses compagnes dans la fondation, elle ouvre le Cours secondaire Notre-Dame de France à Marseille, soutenue par quelques familles de la bourgeoisie.
  • Vers l’âge de quinze ans, la lecture des Fondations de Thérèse d’Avila l’avait retenue. Pendant la guerre de 1914, au cours de ses études à Paris, on parle beaucoup de Thérèse de l’Enfant-Jésus : elle lit La rose effeuillée et vouera à la Petite Sainte un amour particulier. Dieu l’a touchée. Ce qu’elle appelait "le vide de son âme" va se creuser dans les années 1919 à 1926 avec la lecture de Jean de la Croix : "Il faut tout donner", tel était le sentiment qui s’imposait. Lorsqu’elle rencontrera le Père Marie-Eugène, elle est prête. C’est d’abord à travers elle et ses compagnes des dix premières années que se réalisera l’idéal entrevu.

La foi des débuts

Forte personnalité, très équilibrée, elle sera tout entière livrée à l’œuvre et lui donnera les grandes richesses de son cœur et de son esprit. De haute envergure intellectuelle, elle dira elle-même que la fréquentation des philosophes lui permit un approfondissement de la pensée et de la doctrine présentées par le Père Marie-Eugène. Mais très humble d’âme et de cœur, elle a suivi le fondateur dans les étapes de la croissance de l’Institut, elle a tout recueilli, elle a soutenu l’œuvre, elle l’a fait être, prodiguant à tous les membres, jusqu’aux derniers jours, sa vigilance maternelle et attentive. Dès l’origine, sa foi fut sans défaillance.

A la mort du fondateur, elle pouvait dire : "Pour moi, je n’ai jamais douté, jamais. Même au plus fort des difficultés, jamais je n’ai douté de la grâce de Notre-Dame de Vie. Je n’y suis pour rien, le Bon Dieu m’a fait cette grâce. Aussi maintenant, je suis sûre que tout ce qu’il a dit arrivera."

Fréquemment, le Père Marie-Eugène a rendu hommage à cette foi des débuts qui lui fut si précieuse, conviant ses filles et ses fils à suivre cet unique chemin. A la fin de sa vie, il louait tout particulièrement chez Marie Pila "la profondeur de ses vues, son expérience ", et surtout "l’excellence de sa collaboration à l’œuvre de l’Esprit-Saint dans l’Institut ".

L’institut Notre-Dame de Vie

A partir de 1949, Marie Pila est déchargée de ses fonctions habituelles de professeur pour s’occuper plus totalement de la formation des membres de Notre-Dame de Vie. Parfaite éducatrice, elle reprenait sans cesse l’enseignement du Père Marie-Eugène et en découvrait à tous la grande portée. Elle savait si bien l’adapter aux plus jeunes. Elle présentera officiellement l’Institut au Congrès international des Carmes déchaux à Louvain, en 1953. L’apostolat en était le sujet.

Dès 1959, pour faciliter la tâche du Père Marie-Eugène et rendre effectif le lien fraternel des différentes familles carmélitaines, elle accueillera à Venasque les Fédérations de Carmélites qui garderont d’elle le souvenir "d’une grande figure pour le Carmel".

Le 3 octobre 1968, elle adresse au Pape Paul VI une magnifique lettre implorant le Doctorat de Thérèse d’Avila. Avec le Père Marie-Eugène, en juillet 1963, elle accueille à Venasque, pour une première rencontre internationale, les instituts séculiers, et leur fait une conférence sur la formation des membres. Par la suite, elle participera à Rome à tous les travaux concernant les instituts séculiers. Sa personnalité y fut très estimée. Partout où l’Institut Notre-Dame de Vie s’implantera, elle sera là.

L’œuvre achevée

Après la mort du Père Marie-Eugène, elle bâtit immédiatement le centre spirituel qu’il avait projeté pour prêcher la doctrine de la spiritualité carmélitaine. Elle bâtit également une maison d’accueil pour les parents âgés, apportant ses soins à tous les détails.

En mai 1973, elle organise à Notre-Dame de Vie des journées thérésiennes, en l’honneur du centenaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, sous la présidence de Son Eminence le Cardinal Garrone, Préfet de la Congrégation pour l’Enseignement catholique. Mais sa tâche principale demeure celle-ci . elle soutient la croissance de la branche sacerdotale et de la branche masculine, très jeunes alors. Elle fera approuver par le Saint-Siège l’Institut Notre-Dame de Vie comme un seul institut séculier à trois branches autonomes (décret du 21 novembre 1973), réalisant ainsi la pensée initiale du fondateur.

L’œuvre alors a atteint sa plénitude. Sa mission sur terre au service de Dieu et des hommes étant achevée, Marie Pila peut rejoindre le fondateur dans le brasier d’amour de la Trinité Sainte. Mais avant, il faut comme le Christ entrer dans les profondeurs de l’anéantissement. Cette ultime ressemblance avec le Sauveur, le Père Marie-Eugène en a souvent appelé la réalisation pour lui-même et pour chacun de ses enfants. Remplissant toutes ses obligations jusqu’à ce qu’elle fût terrassée par le mal, Marie Pila est entrée dans ces heures de grandes souffrances avec l’humble confiance de celui qui, par amour, se livre aux volontés de l’Esprit d’Amour pour en accomplir tout le mystère.

Elle meurt le 12 octobre 1974. Elle est enterrée le 15 octobre, en la fête de Thérèse d’Avila, dans la chapelle de Notre-Dame de Vie auprès du Père Marie-Eugène.