Une joyeuse charité

Pour aimer il faut servir et en servant on parvient à la plénitude de l’amour.

Amour : la réalité la plus désirée, le mot le plus employé, le plus abîmé aussi. Le vieux terme "charité" nous invite à renouveler notre émerveillement pour l’amour, le vrai, définitif et quotidien : un don, un partage, un chemin de communion, qui vient de Dieu et nous conduit à lui. Le père Marie-Eugène chemine avec nous.

La charité est le signe du chrétien


- La charité fraternelle est le meilleur moyen d’entrer dans l’intimité du Christ, le signe le plus certain que nous y avons fait des progrès.
- La charité est le signe du chrétien parce qu’elle est l’essence du christianisme. Dieu est amour, la grâce est amour. L’Eglise, qui est l’union des âmes, est charité, amour.
- "Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis". La loi qui préside à la vie de l’Église, la sève de la vigne, c’est l’amour : l’amour qui descend du Père sur Jésus, et de son âme sur ses disciples, l’amour qui doit unir les disciples entre eux.
Le prochain, c’est tout le monde
  • Voir les autres dans la réalité de leur être, les voir comme Dieu les voit, comme Dieu vous a vus dans son dessein éternel et comme il vous verra dans l’éternité.
  • Ne pensons pas que cette charité ira uniquement auxmalheureux, elle ira à tout le monde. Le prochain, c’est tout le monde.
  • Évidemment, tout cela exige le renoncement, la sortie de soi. Cela demande qu’on ne reste plus penché sur son âme, qu’on n’en fasse pas le centre du monde.
Un fond de bienveillance
  • Nous devons croire à la miséricorde, pour nous et pour les autres.
  • Réserver son jugement : peut-être qu’en arrivant cinq minutes en retard, l’autre a plus de charité que vous qui arrivez en avance.
  • Ce n’est pas à nous d’envoyer les gens en enfer !
  • La bienveillance n’empêche pas la prudence : charité n’est pas sottise.
  • Une âme qui progresse a ce fond de bienveillance.
  • Adorer Dieu dans les personnes qui nous entourent, dans les âmes que nous aimons ; saluer Dieu d’une façon habituelle. Nous avons des difficultés avec telle personne ? Saluons Dieu en elle.
    - C’est par l’amour du prochain qu’on purifie son amour pour le bon Dieu.
Dieu nous a tant pardonné
  • Ce grand roi qu’est le bon Dieu nous pardonne, il nous remet notre dette si nous lui demandons pardon. S’il nous a tant pardonné, nous aussi nous devons pardonner les petites dettes, les petites offenses.
  • Dieu pardonne toujours. L’âme doit faire comme Dieu. C’est le même amour en Dieu et dans la créature, il a les mêmes gestes.
  • Pratiquons la charité à l’égard de nos frères comme Dieu la pratique à notre égard.
Une patience inlassable
  • Notre Seigneur ne nous demande pas de ne pas ressentir l’injure ; il nous demande de couvrir cela par notre charité : de vouloir du bien à ce prochain, de prier pour lui.
  • Il faut voir Dieu en nos frères à travers leurs défauts. Il faut avoir l’estime des âmes. C’est une porte à ouvrir. Alors, quand on a commencé de juger avec indulgence, on est étonné de voir des merveilles.
  • Si vous voulez pratiquer la charité comme Dieu, vous devez être des âmes patientes et qui voient grand.
  • Soyons patients, d’une patience inlassable ; cette patience a une influence énorme. Ne condamnez jamais complètement mais laissez la porte ouverte.
  • Ceux dont je suis chargé, je dois les envelopper de prière.
  • La charité éclaire alors que l’égoïsme aveugle, elle dilate tandis que l’égoïsme referme, elle est joyeuse alors que l’égoïsme est mécontent.
Mendier l’amour
  • La prière de demande accompagne l’adoration de ce Dieu invisible qui s’est penché sur nous. Notre- Seigneur nous montre comment faire : "Donnez-nous notre pain quotidien, le pain matériel, le pain spirituel qui donnent les forces nécessaires, donnez-nous la charité les uns pour les autres afin que nous sachions pardonner les offenses".
  • L’Esprit Saint nous donne sa force, sa lumière, mais le don le meilleur, c’est l’amour.
La valeur véritable
  • Votre rôle, où qu’il soit, est de servir dans le silence, dans l’obscurité, sans vous montrer. Ce qui importe, c’est le service que vous rendez, c’est la charité, l’affection que vous donnez.
  • Le monde met la valeur dans la fortune, les qualités purement humaines, parfois même dans la fonction. La véritable valeur est dans la charité, la délicatesse que nous avons pour Dieu, et la charité que nous avons pour le prochain.
« C’est ainsi que je trouvai le père Marie-Eugène au premier contact ; père dans toute l’acception du mot. Il avait des attentions et des délicatesses extraordinaires. Sa charité était vraiment exceptionnelle. Il savait susciter l’activité, stimulant les meilleures énergies de chacun, s’intéressant à tous et les encourageant. »
Père Valentino, Carme

Pour prier

"Je n’ai pas assez d’amour", dites-vous.
Demandez à l’Esprit Saint qu’il fabrique pour vous cette charité.
Rappelez-vous la prière de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus :
"Surtout je vous demande l’amour".
Dans la prière, demandez la lumière qui soutient, mais surtout demandez l’amour.
C’est la prière à faire continuellement, la récompense qu’il faut demander à l’Esprit Saint : de l’amour, toujours de l’amour.

Pour aller plus loin

Dans la BIBLE : Matthieu 25, 31-46 ; Jean 15, 7-17 ; 1er Corinthiens 13.
- Construire l’amitié : Je veux voir Dieu, Éditions du Carmel, p. 227-245, 376, 1049, 1074-1075.
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Pour échanger

- Quel est l’acte ou la parole de Jésus qui nous touche le plus ?
- Quelle vie de saint(e) illustre pour nous la bonté de Dieu ?
- Avons-nous déjà adoré Dieu dans les autres ? Et en nous-même ? Cela nous a-t-il aidé ?


SOURCES : Les articles de cette rubrique sont extraits de l’ouvrage « En Marche vers Dieu » aux éditions SALVATOR. Pour acheter la totalité de cet itinéraire au fil de paroles inédites du père Marie-Eugène : Cliquez ici !

1 Message

  • Une joyeuse charité 17 janvier 23:49, par marie-thérèse

    Le saint que je trouve signe de la bonté de Dieu est St François de Salles, doux et patient, guidant avec tendresse ceux qu’il instruit dans ses écrits : Introduction à la vie dévote et Traité de l’amour de Dieu.

    En ce qui concerne la question "adorez vous Dieu dans les autres ?" l’expression me parait un peu "forte". Cependant je m’efforce de penser que le frère ou la soeur, qui est en face de moi, est le Temple de l’Esprit-Saint, que Dieu est éternellement amoureux de cet homme ou femme.

    C’’est Catherine de Sienne, qui ravalée au rang de domestique par ses parents qui refusaient qu’elle devienne religieuse, servait sa famille entière comme s’il s’était agi du Christ, de Notre-Dame et des Apôtres.
    J’essaie de l’imiter, mais c’est bien "pauvre" comme imitation !

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