Berthe-CArre495-COLLAGE

Plutôt que de présenter l’histoire sous forme chronologique stricte, nous vous proposons de découvrir quatre visages, très chers aux membres de Notre-Dame de Vie.

Chacun d’entre eux apporte un trait de lumière sur la naissance et l’esprit de l’institut :

  • Marie Pila, co-fondatrice, donne par sa vie un tracé clair de la naissance de l’institut Notre-Dame de Vie avec ses 3 branches autonomes.
  • Berthe Grialou, petite sœur du Père Marie-Eugène, a été la première membre de Notre-Dame de Vie à « entrer dans la Vie » en laissant un témoignage tel que le Père Marie-Eugène pourra dire : « j’ai décrit les exigences de Notre-Dame de Vie, Berthe les a réalisées »
  • St Joseph & Ste Emérentienne : des exemples de sainteté qui traduisent l’esprit de Notre-Dame de Vie.

Marie Pila

« Dans l’histoire de l’Eglise, les grandes œuvres de Dieu ont toujours été faites par hommes et femmes réunis », constatait un jour le Père Marie-Eugène. La fondation de Notre-Dame de Vie illustre cette loi et nous présente Marie Pila aux côtés du Père Marie-Eugène, intimement associée à la croissance et à la fécondité de Notre-Dame de Vie. Elle en demeura responsable de 1937 à sa mort, le 12 octobre 1974.

• Née le 27 octobre 1896 à Orange, elle fait ses études au pensionnat Saint-Charles à Marseille, puis au collège Sainte-Marie à Neuilly chez Madame Daniélou où elle s’oriente d’emblée vers la philosophie.

Marie Pila

Marie Pila

• En 1919, avec deux amies qui demeureront ses compagnes dans la fondation, elle ouvre le Cours secondaire Notre-Dame de France à Marseille. À cette œuvre d’éducation, toutes trois se donnent sans compter et font preuve d’audace et de détermination. Le Cours sera, à Marseille, le premier établissement privé à préparer les jeunes filles au baccalauréat. L’éducation dispensée forme à la liberté, à la responsabilité et au don de soi, invitant chacun à comprendre et réfléchir de façon personnelle. Elle convie l’enfant à découvrir l’unité de son être, au-delà des attitudes à la mode ou des appartenances sociales. Elle ouvre sur l’essentiel, dans une atmosphère de simplicité et de joie.

• Vers l’âge de quinze ans, la lecture des Fondations de Thérèse d’Avila frappe l’adolescente. Pendant la guerre de 1914, au cours de ses études à Paris, on parle beaucoup de Thérèse de l’Enfant-Jésus : elle lit La rose effeuillée et vouera à la Petite Sainte un amour particulier. Dieu l’a touchée. Ce qu’elle appelait « le vide de son âme » va se creuser dans les années 1919 à 1926 avec la lecture de Jean de la Croix : « Il faut tout donner », tel est le sentiment qui s’impose à elle. Lorsqu’elle rencontre le Père Marie-Eugène à Pentecôte 1929, elle est prête. C’est d’abord à travers elle et ses compagnes des dix premières années que se réalisera l’idéal entrevu : l’union d’une intense vie de prière au cœur d’une vie professionnelle, le témoignage vivant de l’amour de Dieu pour les hommes et les femmes de notre temps.

La foi des débuts

Forte personnalité, très équilibrée, Marie Pila sera tout entière livrée à l’œuvre et lui donnera les grandes richesses de son cœur et de son esprit.

« Pour moi, je n’ai jamais douté, jamais. Même au plus fort des difficultés, jamais je n’ai douté de la grâce de Notre-Dame de Vie. Je n’y suis pour rien, le Bon Dieu m’a fait cette grâce. »
De haute envergure intellectuelle, elle dira elle-même que la fréquentation des philosophes lui permit un approfondissement de la pensée et de la doctrine présentées par le Père Marie-Eugène. Dès l’origine, sa foi en la pensée de Dieu incarnée dans la grâce du fondateur fut sans défaillance. Humble et vigilante, donnée sans retour, elle devint la mère qui écoute, explique, aime et porte chacun dans la confiance et la prière.

A la mort du fondateur, elle pouvait dire : « Pour moi, je n’ai jamais douté, jamais. Même au plus fort des difficultés, jamais je n’ai douté de la grâce de Notre-Dame de Vie. Je n’y suis pour rien, le Bon Dieu m’a fait cette grâce. »

Fréquemment, le Père Marie-Eugène a rendu hommage à cette foi des débuts qui lui fut si précieuse, conviant ses filles et ses fils à suivre cet unique chemin. A la fin de sa vie, il louait tout particulièrement chez Marie Pila « la profondeur de ses vues, son expérience « , et surtout « l’excellence de sa collaboration à l’œuvre de l’Esprit-Saint dans l’Institut « .

L’institut Notre-Dame de Vie

A partir de 1949, Marie Pila est déchargée de ses fonctions habituelles de professeur pour s’occuper plus totalement de la formation des membres de Notre-Dame de Vie. Parfaite éducatrice, elle reprenait sans cesse l’enseignement du Père Marie-Eugène et en découvrait à tous la grande portée. Elle présentera officiellement l’Institut au Congrès international des Carmes déchaux à Louvain, en 1953. L’apostolat en était le sujet.

Dès 1959, pour faciliter la tâche du Père Marie-Eugène et rendre effectif le lien fraternel des différentes familles carmélitaines, elle accueillera à Venasque les Fédérations de Carmélites qui garderont d’elle le souvenir « d’une grande figure pour le Carmel ».

Le 3 octobre 1968, elle adresse au Pape Paul VI une magnifique lettre implorant le Doctorat de Thérèse d’Avila. Avec le Père Marie-Eugène, en juillet 1963, elle accueille à Venasque, pour une première rencontre internationale, les instituts séculiers, et leur fait une conférence sur la formation des membres. Par la suite, elle participera à Rome à tous les travaux concernant les instituts séculiers. Sa personnalité y fut très estimée. Partout où l’Institut Notre-Dame de Vie s’implantera, elle sera là.

L’œuvre achevée

Après la mort du Père Marie-Eugène, elle bâtit immédiatement le Centre spirituel qu’il avait projeté pour diffuser la spiritualité du Carmel, enseigner la science de l’amour et de la prière. Elle bâtit également une maison d’accueil pour les parents âgés, apportant ses soins à tous les détails.

Elle fera approuver par le Saint-Siège l’Institut Notre-Dame de Vie comme un seul institut séculier à trois branches autonomes (décret du 21 novembre 1973), réalisant ainsi la pensée initiale du fondateur.
En mai 1973, elle organise à Notre-Dame de Vie des journées thérésiennes, en l’honneur du centenaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, sous la présidence de Son Éminence le Cardinal Garrone, Préfet de la Congrégation pour l’Enseignement catholique. Elle soutient surtout la croissance de la branche sacerdotale et de la branche masculine, très jeunes alors. Elle fera approuver par le Saint-Siège l’Institut Notre-Dame de Vie comme un seul institut séculier à trois branches autonomes (décret du 21 novembre 1973), réalisant ainsi la pensée initiale du fondateur.

L’œuvre alors a atteint sa plénitude. Sa mission achevée, Marie Pila peut rejoindre le fondateur dans le brasier d’amour de la Trinité Sainte. Mais avant, il faut comme le Christ entrer dans les profondeurs de la croix. Cette ultime ressemblance avec le Sauveur, le Père Marie-Eugène en a souvent appelé la réalisation pour lui-même et pour chacun de ses enfants. Remplissant ses obligations jusqu’au bout, Marie Pila est entrée dans ces heures de grandes souffrances avec l’humble confiance de celui qui se livre aux volontés de l’Esprit d’Amour pour en accomplir tout le mystère.

Elle meurt le 12 octobre 1974. Elle est enterrée le 15 octobre, en la fête de sainte Thérèse d’Avila, dans la chapelle de Notre-Dame de Vie auprès du Père Marie-Eugène.

Son dernier message :

 

« Vous êtes très aimés, d’un amour très fort, très puissant, très grand, très large, oui… et, sans que vous vous en doutiez, cet amour vous accompagne. J’espère que cette certitude vous fera marcher. Quand vous serez tombés, elle vous soulèvera, quand vous serez attiédis, elle vous raffermira : elle vous redonnera un peu d’ardeur, un peu de flamme pour aller plus loin. L’amour, c’est gratuit… »

Pour en savoir plus, lire la biographie « Marie Pila, une puissance d’amour non asservie… »

Berthe Grialou

Berthe Grialou est née au Gua (Aveyron) le 29 décembre 1902. Dernière des cinq enfants de la famille, sœur et filleule du Père Marie-Eugène, elle est unie à lui par de profonds liens surnaturels. Une communion de grâce lie sa vocation à celle de son frère et les lettres qu’il lui adresse en témoignent. Elle sait mettre à profit ses conseils et les partage avec d’autres.

Berthe Grialou

Berthe Grialou

Berthe est engagée dans la vie professionnelle tout d’abord comme institutrice dans son village natal, puis comme employée à Paris dans une Compagnie d’assurances. C’est alors que guidée par le Père Marie-Eugène, elle découvre les saints du Carmel et s’engage dans le Tiers-Ordre carmélitain le jour où lui-même fait profession solennelle dans l’Ordre, le 11 mars 1926.

Non sans avoir résisté, elle est saisie par la grâce mariale de Notre-Dame de Vie qui la conduit à se donner totalement au sein de la jeune fondation. Elle entre à Notre-Dame de Vie le 29 septembre 1939 alors que la guerre vient d’éclater.
Elle expérimente particulièrement la puissance maternelle de la Vierge à son égard lorsque Marie la sauve d’un grave accident, le 18 août 1942. Économe dans divers établissements, elle accomplit sa tâche humblement, avec une bonté rayonnante qui se manifeste aussi dans sa paroisse et son quartier. Elle vit de la maxime de saint Jean de la Croix : « Là où il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour », tout en éprouvant une douloureuse pauvreté intérieure.

Le soir du 2 janvier 1958, Berthe meurt, seule dans son appartement d’Avignon, dépouillée, pauvre, réalisant jusqu’au bout la grâce de sainte Émérentienne que le Père Marie-Eugène avait donnée comme modèle aux membres de l’Institut Notre-Dame de Vie :

 

« Berthe a réalisé l’idéal de Notre-Dame de Vie d’une manière vivante. Elle a réalisé l’enseignement donné. Regardez-la : à côté de l’enseignement donné vous trouverez pauvreté, effacement, simplicité. Elle est à côté de sainte Émérentienne ».

Pour en savoir plus, lire la biographie de Berthe s’intitulant « Laisser voir Dieu ».

 

St Joseph

 

« Ils serviront l’Eglise humblement, comme saint Joseph a servi Jésus et Marie » (Constitutions des membres de Notre-Dame de Vie)

Est-il besoin de présenter la figure de saint Joseph ?
Et pourtant… voilà un des plus grands, si ce n’est le plus grand saint au côté (et après) la vierge Marie. Joseph est un modèle d’oraison, un modèle d’adhésion et de soumission totale à la volonté de Dieu qui lui est révélée en songe.

Dans la ligne spirituelle du Carmel (Cf. Rubrique Spiritualité), les membres de Notre-Dame de Vie ont une dévotion toute particulière pour St Joseph comme le recommandait ste Thérèse d’Avila :

 

« Je voudrais persuader toutes les âmes qu’elles doivent porter de la dévotion à ce glorieux saint… les âmes d’oraison, en particulier, lui doivent un culte tout filial… Que celui qui n’aura pas de maître pour lui enseigner l’oraison prenne ce glorieux guide, et il ne risquera point de s’égarer. » (Vie de Thérèse d’Avila)

 

 

Saint Joseph

Saint Joseph

St Emérentienne : une enfant … qui s’impose du Ciel

 

« Le bon Dieu glorifie ses saints, il nous les envoie, il les fait paraître à notre regard, non seulement pour nous procurer des grâces, mais pour être nos modèles » Père Marie-Eugène (23 janvier 1960)

Médaillon de Ste Emérentienne à Notre-Dame de Vie

Ste Emérentienne portant la tête décapitée de Ste Agnès

Durant un certain nombre d’années, le Père Marie-Eugène s’aperçut qu’à la date du 23 janvier, il recevait un cadeau inattendu : c’était une faveur, la réponse à une préoccupation du moment, un événement providentiel… Il percevait alors une présence du ciel. Ce n’était pas celle d’un grand personnage, il le sentait bien, mais plutôt celle d’une enfant qui, après avoir fait son petit cadeau, disparaît discrètement en riant, sur la pointe des pieds…

Son parfum de joie intérieure demeurait dans l’âme du Père. Il découvrit alors que l’Eglise fêtait, à cette date, une petite martyre des premiers siècles, à Rome, Sainte Emérentienne, esclave et amie de Sainte Agnès. Emérentienne avait servi Agnès humblement. Elle l’avait vue vivre, prier, mourir. Elle n’était rien, et avait tout reçu d’elle, surtout sa foi, et son amour pour Jésus. Dans sa fidélité héroïque, Emérentienne suivit Agnès jusqu’au bout. Elle fut lapidée alors qu’elle se rendait sur son tombeau, dans une catacombe le long de la Via Nomentana, dans la campagne romaine.

Pour le Père Marie-Eugène, son message était lumineux, non seulement pour lui et les membres de l’Institut Notre-Dame de Vie, mais pour ceux qui, à la suite de Sainte Emérentienne, marchent par un chemin ordinaire, enfouis dans le monde et dans toutes les situations professionnelles et sociales : accepter de laisser la puissance de Dieu se déployer dans la faiblesse, attendre tout de lui seul, se livrer sans réserve à sa volonté, dans la situation et à la place qu’il choisit pour chacun , jusqu’au sacrifice complet…

 

 

« Petite fille, elle ne fait pas de discours, elle exprime son message par des actes. » Père Marie-Eugène